La stimulation cognitive représente une technique de prise en charge non médicamenteuse. Il s’agit d’une approche à la fois fonctionnelle, psycho-sociale et cognitive qui s’adresse à de nombreuses personnes. Dans le cadre d’un vieillissement biologique, d’une pathologie (maladie d’Alzheimer par exemple) ou encore face à un traumatisme crânien, cette méthode pédagogique est efficace et peut représenter une aide considérable dans le maintien ou l’acquisition d’une certaine autonomie…

« Différents programmes d’activités cognitives (PAC) existent concernant des populations d’âge différent, adaptés aux apprentissages ou aux réapprentissages (en cas de troubles) scolaires, professionnels ou aux situations de la vie quotidienne, mis en application par des personnels différents, formés à la stimulation cognitive. »

JOCELYNE DE ROTROU (neuropsychologue à l’hôpital de de Broca à Paris)

L’un des objectifs de la réeducation neuropsychologique est fonctionnel car il s’agit de maintenir une autonomie optimale dans les actes essentiels de la vie quotidienne. Peu importe la personne et les troubles cognitifs observés, la stimulation cognitive aussi nommée revalidation ou rééducation neuropsychologique a pour objectif d’améliorer le fonctionnement cognitif d’un patient devenu déficitaire suite à une atteinte cérébrale. Il s’agit d’améliorer la fonction lésée mais également, à un niveau plus complexe, d’améliorer les conditions générales d’existence de la personne. Pour que la prise en charge soit adéquate et efficace, il ne s’agit pas seulement de diminuer le trouble observé mais également de permettre à la personne de retrouver, dans un ensemble de situations quotidiennes, un comportement autonome et adapté. Ainsi, la stimulation cognitive vise à diminuer le handicap quotidien du patient. Pour cela, il est nécessaire pour le spécialiste (psychologue spécialisé en neuropsychologie) de définir des objectifs avec le patient et de cibler les stratégies adéquates à mettre en place.

Un deuxième objectif de la stimulation est cognitif
. Ici, il s’agit de maintenir les ressources cognitives résiduelles en renforçant les automatismes et en instaurant des routines souples. De même qu’une personne atteinte de la maladie d’Alzheimer se verra participer à des « ateliers mémoire » ou autres stratégies de stimulation, une personne atteinte d’un traumatisme crânien se verra également proposer une revalidation neuropsychologique et/ou orthophonique (prise en charge de l’attention, de la mémoire, du langage…).

Enfin, en dehors des traitements médicamenteux et au-delà de la stimulation des fonctions cognitives, cette prise en charge revêt également un aspect psycho-social en ce sens qu’elle propose également un accompagnement familial, social et affectif. Elle permet également de renforcer l’estime de soi, la communication et la sociabilité. Dans ce cadre, des programmes d’information et d’accompagnement peuvent être mis en place et proposer aux proches un lieu d’écoute et de soutien.